mardi 6 octobre 2015

LE CONSEIL MUNICIPAL DE NOISY CONFIRME SON OPPOSITION AU PASSAGE DU T1 PAR LA RUE JEAN-JAURÈS

Le jeudi 24 septembre se tenait à Noisy-le-Sec le conseil municipal relatif au tramway. L'objet était notamment de rappeler "la position déterminée de la ville à l'encontre du passage du T1 par la rue Jean-Jaurès et d'annuler le vœu exprimé par la Ville le 18 juin 2009 approuvant sous conditions ce tracé", puisque aucune de ces exigences conditionnant l'accord de la municipalité au projet de tracé du tramway, à savoir :

- réalisation de pistes cyclables, fourniture de matériel roulant alimenté par le sol, réalisation d'un nouveau pôle gare

… n'avait été suivie, le STIF bafouant ces orientations.


Le débat, très  curieusement, eu lieu en l'absence de la composante verte du groupe "Rouge et Verte, la gauche ensemble",  puisque Mme Déo et M. Lascoux —  pourtant a priori normalement très concernés par la question — s'étaient éclipsés dès le tout début du conseil, mettant notamment en avant le fait qu'ils refusaient de siéger le jour de la fête musulmane de l'Aïr …


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La délibération ici présentée prend acte de la caducité des demandes exigées dans ce vœu, le Conseil municipal réaffirmant son opposition au prolongement du T1 par la rue Jean-Jaurès et demandant que soit étudié le passage du T1 par la Folie et la rue du Parc. Parallèlement il est demandé l'exploitation en voie unique du tramway entre la Vierge et la place Carnot afin de maintenir l'accès à la rue Émile-Zola, ainsi que l'analyse d'un positionnement du SMR (site de maintenance et de remisage) en bordure de la rue du Parc.

M. Deleu, conseiller en charge des transports, précisa les points suivants:

=>  la DUP (déclaration d'utilité publique) fait l'objet d'un recours juridique en appel;

=>  le T1 n'existant pas au niveau financier (puisque la convention ad'hoc ne sera pas éventuellement signée avant 6 mois), les travaux ne peuvent commencer. Seuls les travaux de dévoiement des réseaux sont actuellement possibles (et ont été entrepris en plein mois d'août en dépit de l'opposition de la ville, même s'ils ont pu être temporairement bloqués du fait de l'action de la mairie) - On peut naturellement s'indigner que ces travaux, d'un coût certain pour les contribuables, soient lancés alors qu'il est très loin d'être assuré que le projet puisse être un jour réalisé !

=> le document officiel relatif à la sécurité n'a toujours pas été soumis à la brigade des sapeurs-pompiers, 18 mois après la validation de la DUP, ce qui prouve l’existence d'un sérieux problème de sécurité dans ce dossier ! (Habituellement, ce visa est fourni quelques semaines après l'homologation de la DUP);

=> il existe des divergences de fond notables entre le dossier d'utilité publique, tel qu'il a été retenu et a servi de base à la consultation, et l'avant-projet retenu. Ainsi, par exemple, on passe d'un document à l'autre d'un maintien du nombre de places de stationnement à  … cent trente suppressions de ces emplacements sur la ville !

L'objet de cette délibération est de réaffirmer l'opposition ferme de la municipalité au tracé par la rue Jean-Jaurès, rendue par endroit inaccessible aux pompiers et générant des risques considérables pour les usagers, et notamment les élèves des quatre écoles à proximité de la voie. Le passage par la Plaine Ouest permettrait de desservir les quartiers en devenir et la future base de loisirs de la Corniche des Forts, tout en évitant au boulevard Michelet un surcroît de trafic automobile de l'ordre de 700 véhicules par heure et le rétrécissement de ses trottoirs, tandis que seraient supprimées les lignes des autobus 105 et 545. L'option de voie unique permettrait d'éviter la fermeture de l'accès à la rue Émile-Zola, tandis que le positionnement du SMR rue du Parc éviterait son édification sur la zone protégée des Murs à Pêches à Montreuil.


M. Sarrabeyrouse, au nom de la partie rouge du groupe "Rouge et Verte, la gauche ensemble", s'exprima en un exposé posé, souhaitant une réaction commune de tous les acteurs sur Noisy— même si on ne voit pas bien quel pourrait être le point commun entre les positions des uns et des autres. Il regretta l'abandon du tracé dissocié (Aller Jean-Jaurès, retour Michelet) , réaffirmant :" Nous ne voulons pas voir cette rue Jean-Jaurès défigurée par un double-sens de circulation".
Attentif au problème des riverains de la rue Émile-Zola, il donna l'accord de son groupe sur la demande de mise en voie unique du T1 dans la partie supérieure de la rue Anatole-France, en souhaitant que les riverains soient consultés. Mais contradictoirement, Mme Labbé, du même parti, s'inquiéta du fait qu'une réétude du projet lui ferait prendre des années de retard.


M. Rivoire rappela sous forme de devinette la position de ceux ayant, lors de l'enquête publique, exigé "une alimentation du T1 sans caténaire, la garantie de circulation des automobiles, la limitation de la vitesse du tramway à 10 km/h, le maintien des bus actuels, la réalisation du pôle gare".

Il s'avère que ces fermes prises de position étaient alors exprimées par … Mme Labbé et M. Garnier, au nom du PCF.



M. Lefebvre (PS) trouva "bien désolant de retrouver une vision avec rétroviseur  de la part de ceux qui veulent conserver le Noisy des années '30 ".  Selon lui, ceux qui se sont opposés au tracé dissocié l'ont fait pour protéger leurs intérêts particuliers : "Les vibrations du T1 risquaient de porter préjudice à la cave à vin de M. Rivoire". Pour lui le tramway est une opportunité fantastique de revalorisation du centre-ville, sous condition de réaliser une voie unique du T1 rue Jean-Jaurès. Par méconnaissance notable du sujet, M. Lefebvre prôna l'alimentation par le sol … alors même que toute autre circulation est rigoureusement interdite sur une telle voie, et que de plus les rames nécessitant des caténaires doivent pouvoir accéder au SMR, ce qui serait alors rendu impossible.


Mme Bord (PS) demanda le déplacement de la station Saint-Jean qui bloque, dans le projet retenu, le passage de la rue Henri-Barbusse à travers la rue Jean-Jaurès. Elle s'indigna, selon elle, des "mensonges réguliers alignés dans la délibération".




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Après 1 h 30 de débat, M. Deleu conclut en s'étonnant des "énormités qu'il avait entendues, de la part de personnes n'ayant manifestement pas lu les documents relatifs au projet" (projet décrit noir sur blanc dans l'AVP : suppression de 130 places de stationnement, des autobus, réduction de la place dédiée aux piétons, collecte des ordures de 1 à 5 h du matin, pas d'indemnisation pour la grande majorité des commerçants, part de la circulation automobile ne baissant pas, accroissement d'un nombre d'arbres abattus déjà conséquent, etc.)

La délibération fut votée à la très large majorité (32 contre 8), en incorporant à l'article 4 l'alinéa déposé par M. Sarrabeyrouse demandant que" les riverains de la rue Émile-Zola soient de nouveau consultés de manière spécifique" (NDLR : ce qui impliquerait la mise en oeuvre d'une enquête publique complémentaire).

                       

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